La fourche de Sauve




« La trinita, mi fraïre, es tamben coumparadisso a-n-uno fourco, a-un- poulido fourco D’aquéli fourco de falabréguié que fan à Saouvo. »
« La Trinité, mes frères, est comparable aussi à une fourche, à une jolie fourche, de ces fourches qu’ils font à Sauve ».
Frédéric Mistral. Proso d’Armana. La Trinita

« Ce qui est vraiment extraordinaire, en plein XX ème siècle, c’est que ce petit pays de Sauve ait conservé une culture et industrie qui appartiennent à lui seul, et dont les procédés demeurent ce qu’ils furent toujours, aussi simples et pour ainsi dire aussi primitifs qu’il y a mille ans. »
Jean GERMAIN « Sauve, Antique et Curieuse Cité » 1952


Sauve s’enorgueillit à juste titre d’être la capitale de la fourche. Le micocoulier de Provence, celtis australis est un arbre appartenant à la famille des Ulmacées représentée par les ormes. A Sauve, on l’appelle aussi « Fourchier » en raison de son usage. C’est avec son bois que l’on fabrique la célèbre fourche de Sauve. Cette culture est multicentenaire puisque l’on peut en retrouver la trace dans le Cartulaire de Maguelone au XII ème siècle (P.Gagnier), cependant son origine reste incertaine. Cet arbre à la frondaison majestueuse, au tronc lisse et droit, peut atteindre une taille de 25 à 30 mètres. Comme l’olivier, il peut renaître d’une souche multiséculaire. Même si les parties aériennes de l’arbre venaient à être détruites par la cognée, le feu ou le gel, il repartirait en rejets vigoureux tant que la souche et les racines ne seraient pas atteintes. C’est cette pérennité de la souche qui permet la production en continu de fourches tous les ans, sur le même arbre. La présence à l’aisselle des feuilles de trois bourgeons que l’on nomme localement « Fleur de Lys » est à l’origine des trois rameaux, donc des trois becs de la future fourche. L’art des sauvains est donc de savoir conduire harmonieusement leur développement pour obtenir des rameaux de même diamètre, ce que la nature ne réalise que rarement. Ensuite la qualité du bois, à la fois flexible et malléable lorsqu’il est vert, puis dur, résistant mais léger lorsqu’il est sec, a été reconnue comme la caractéristique essentielle qui permet son travail et l’obtention d’une fourche très maniable et peu sujette à la vermoulure.

Ce long travail se passe en trois étapes.

  • La première et certainement la plus délicate est celle de la taille « le réblaquage ». Le travail d’un bon
    « réblaquaïre » qui s’échelonne sur 5 à 7 ans, est de conduire avec une taille spécifique et raisonnée, les rejets vers la forme souhaitée d’une fourche. Puis une jauge lui permet de savoir le moment où la fourche est prête à être coupée.
  • La deuxième étape est le façonnage nécessitant là aussi toute la dextérité du « Plégaïre » qui devra peler, galber et cravater la fourche à l’aide d’un outillage bien spécifique. Un court passage au four est nécessaire pour rendre encore plus malléable la fourche.
  • La cuisson est la dernière étape. Les fourches ainsi préparées dans leur moule et par groupes d’une cinquantaine, sont enfin prêtes pour un nouveau passage au four où elles resteront environ quinze à vingt heures à 120 degrés. Le four doit être hermétiquement fermé pour éviter que les fourches brûlent. La chaleur entraîne alors la dessiccation des fourches qui seront brunies par la fumée. Seule la partie protégée par la cravate restera blanche et donnera la touche d’élégance caractéristique de cette production sauvaine.

A l’origine la fourche servait essentiellement pour les travaux agricoles. La mécanisation en a modifié les usages. Actuellement elle est encore employée dans les haras, clubs hippiques, mais aussi dans l’industrie de la laine, du duvet ou l’activité lavandéicole. Elle est aussi utilisée dans les spectacles (reconstitutions historiques) ou la décoration. Sa production est bien loin de connaître les chiffres du XVIII ème, XIX ème siècle qui était de 70 à 80 000 fourches par an.

Autour de l’activité de la fourche on peut rappeler quelques faits historiques. Ainsi en 1688 a été créee à Sauve une des premières coopératives agricoles suivie en 1741/1742 d’une assurance mutuelle par laquelle les membres se garantissaient entre eux leur récolte, sans parler des procés contre le monopole détenu par les producteurs ou encore les excédents qui étaient brûlés pour maintenir les prix.

Le musée de la Fourche

D’avril à juin & octobre :
Du Mardi au Samedi de 10h à 12h et de 14h à 17h

Juillet, août et septembre :
Du Mardi au Samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h

De novembre aux vacances scolaire de noël et le mois de mars:

Du Mardi au Vendredi de 10h à 12h et de 13h30 à 17h

Fermeture hebdomadaire:
Dimanche, Lundi et jours fériés

Fermeture annuelle:
Des vacances scolaires de noël à fin février.

Ouvertures exceptionnelles:
Journées européennes des métiers d’art
1er mai (les ateliers ouverts)
Journées européennes du patrimoine
Chiens acceptés

Tarifs :

Plein tarif : 4 €

Contact :

04 66 80 54 46
fourchedesauve.free.fr

gard

Mairie de Sauve - Place Sivel BP 5 - 30610 Sauve