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PREAMBULE

 

« SAUVE, antique et curieuse cité », c'est ainsi que la nommait Jean GERMAIN, fervent sauvain écrivain du 20 ème siècle . Antique, car son origine serait antérieure de plusieurs siècles à notre ère. Curieuse, car elle est un peu le type même du village vertical, s'appuyant d'un coté au massif de COUTACH et de l'autre surplombant le fleuve VIDOURLE.

 

Ici, la nature et l'histoire semblent avoir conclu une entente parfaite pour donner le jour à ce chef-d'œuvre exceptionnel. Village chargé d'histoire comme en témoignent son pont vieux du XII/XIII ème siècle, les vestiges de ses remparts, de son abbaye, de son couvent, ses portes fortifiées, ses voûtes, ses hautes tours, et son Hôtel de la Monnaie.

 

C'est aussi un site naturel remarquable de par sa mer des rochers, paysage de relief calcaire façonné par une érosion des eaux aux allures curieuses et mystérieuses,et son fleuve VIDOURLE avec des qualités et des défauts qui lui confèrent une extraordinaire personnalité. Une partie de son cours est souterrain en amont de Sauve où il réapparait en une résurgence.

 

« Le voyageur le moins attentif qui traverse le territoire de cette petite cité ne peut manquer de ressentir une impression d'étrangeté, une sorte d'appel du mystère. » André CHAMSON, écrivain et académicien.


« Passer par SAUVE, c'est «être happé par l'appel du mystère d'un village bâti sur les gouffres du Vidourle, planté au milieu des rochers, et comme entouré d'invisibles présences. » Roger KATAN, architecte.

 

 

LES PLUS BEAUX SITES DE SAUVES

 

LES ARMOIRIES DE SAUVE ( en termes héraldiques)


Les armoiries de Sauve


« D'argent à une montagne de sable; du sommet naît une plante de sauge, de sinople, à trois branches; une muraille crénelée avec deux tours carrées, mouvante du bas de l'écu; le tout d'or, brochant sur la montagne; en chef: SAL-SAL ».

 

 

LE PONT VIEUX


Le Pont Vieux à Sauve

 

Construit aux XII/XIII ème siècle, il compte parmi les vieux ponts de France. Il semble qu'il soit bâti sur les ruines d'un ancien pont romain. Il fut pendant des siècles le seul point de passage du Vidourle en venant de Nîmes. Aujourd'hui, les visiteurs comme les artistes peuvent admirer ou s'inspirer d'une des plus belles vues de Sauve, cité au charme certain.

 

 

LES REMPARTS


Les remparts - Sauve


C'est sous le règne de la famille Bermond, au Moyen Âge que l'économie de Sauve se développa fortement. Sa population aurait compté alors jusqu'à 10 000 habitants. Cette enceinte est la manifestation de son autorité qui s'exerce à partir de la ville sur l'extérieur. Elle longe le Vidourle du pont vieux à la résurgence, constituant à l'heure actuelle une partie des murs des maisons surplombant le Vidourle. C'est ici que l'on peut voir les principaux vestiges de cette enceinte. De la résurgence les remparts atteignaient la rue de la Glissette puis la rue Mazan où l'on trouve les vestiges d'une tour et d'une porte, l'enceinte suit ensuite la Grand Rue puis la rue du Terrail, elle longe alors la pente abrupte de Coutach par la rue Eglise Neuve et rue Saint-Jean. Elle achève sa boucle au sud en rejoignant le Pont Vieux.

 

 

LES PORTES


Les portes de Sauve


Les portes avaient une double fonction de communication et protection, assurée par l'enceinte. Le nombre de portes est déterminé par l'importance de la ville et la structure de ses relations avec l'extérieur. Ainsi l'enceinte Philippe Auguste à Paris en disposait de dix-neuf.
A Sauve au XVIII ème siècle, on dénote 8 portes, toutes sur ce tracé; La porte du Pont vieux, empruntée quand l'on venait de Nîmes, la porte Neuve, la porte de la rue du Travers, la porte du quartier de la Prague, par laquelle on accède à la mer des rochers, peut-être la nomme-t-on ainsi par rapport à un parc à bestiaux qui aurait pu se tenir sur les terrasses environnantes. La porte de Corconne, la porte de la barrière en direction de St Hippolyte du Fort, la porte du Portalet ouvrant vers le passage à gué et la petite porte de Bourboutelle, peut-être une des plus fréquentée car elle donnait accès à la résurgence.

 

 

LA FUSTERIE


La Fusterie - Sauve


Sur la place Astruc, on trouve les voutes de la Fusterie. C'est là qu'au moyen-âge étaient installés les charpentiers (en occitan: fuste signifie poutre). Par ailleurs c'était le seul passage possible pour traverser Sauve, les places alentour dépendaient de l'Abbaye et c'est là dit-on que se situait le cimetière.

 

 

LA SYNAGOGUE
A l'époque du XI ème et XIII ème siècle, Sauve abritait aussi une communauté juive chassée d'Espagne, c'est ce qui expliquerait la présence, au cœur de la cité médiévale, d'une synagogue. Sauve connaissait alors une certaine prospérité pour attirer ces habiles commerçants du moyen âge jouant le rôle de prêteur (cette pratique du prêt à intérêt était interdite par l'église aux chrétiens). C'est au XIV ème siècle que la communauté juive fut expulsée par Philippe Le Bel. La synagogue fut alors en partie détruite puis abandonnée. Il ne reste plus que les murs extérieurs, la cour et l'escalier à vis.

 

 

LA TOUR DE MÔLE


La Tour de Môle à Sauve


Une des tours Bermondes de la région ( constructions élaborées par le même architecte et les mêmes maçons avec un appareil à bossage identique), à l'origine appelée tour de l'abbaye car elle faisait partie de l'enceinte de l'abbaye. Cette construction date de la fin du XII ème , début du XIII ème siècle. Elle servait en outre de tour de guet, de refuge en cas de siège avec un point d'eau ( passage du VIDOURLE souterrain), de lieu possible d'émission de message optique par fumée. Elle doit son nom actuel à M. Môle, qui en avait fait l'acquisition, avant qu'elle ne soit rachetée par la commune.

 

 

L'ABBAYE


L'Abbaye de Sauve

C'est en 1029 que ce monastère fondé par la veuve de Bernard seigneur d'Anduze et son fils Pierre Bernard, consacré à St Pierre et placé sous l'autorité de l'Abbaye de Gellone (aujourd'hui St Guilhem le désert). L'Abbaye s'étend alors de l'actuelle mairie à l'église ( places Jean Astruc et Sivel). Cet espace était probablement délimité par une enceinte dont la Tour de Môle serait le principal vestige. Ce monastère fut très florissant jusqu'en 1250 et comptait 48 religieux bénédictins. En 1267 le pape Clément IV érige ce monastère en Abbaye indépendante sous sa seule autorité. C'est ainsi qu'un seigneur abbé en prend la tête et a droit au port de la mitre. L'ancienne abbaye devenue alors insuffisante, un logement abbatial plus grand lui sera adjoint, l'évêché (appellation impropre de la maison de l'Abbé mitré, prieur de l'abbaye). C'est un autre vestige de ces lieux. C'est un bâtiment classé où l'on peut encore y admirer de superbes fenêtres à meneaux, au dessus d'une porte basse (place du vieux marché) on peut voir une mitre abbatiale sculptée dans la pierre.

 

 

L'HOTEL DE LA MONNAIE


Hotel de l monnaie - Sauve


Au XI ème siècle, la maison d'Anduze et Sauve bat monnaie. C'est au temps de leur splendeur que les Bermond, seigneurs de Sauve, eurent ce privilège. Puis c'est dans ce même bâtiment que le tribunal de la Baronnie de Sauve siégea. Actuellement, c'est la bibliothèque municipale qui l'occupe.

 

 

COUVENT DES CAPUCINS ou CHATEAU RUSSE


Le couvent des Capucins à Sauve


Couvent abritant, au XVII ème siècle, des capucins, missionnaires envoyés par Louis XIV, le Roi Soleil, jugeant les moines bénédictins présents auparavant, trop indulgents avec les protestants. C'est en 1850 que le lieu fut racheté et restauré par une famille russe : d'où son nom de « Château Russe ». Il fut habité jusqu'en 1884, puis abandonné. Menaçant de s'effondrer sur les contresbas habités, il fut détruit en grosse partie au milieu du XX ème siècle.

 

 

CHÂTEAU DE ROQUEVAIRE


Château de Roquevaire à Sauve


Aux abords de la Mer des Rochers, se trouve le château de Roquevaire, sur le chemin qui venait de Montpelllier. On ne connait toujours pas l'exacte fonction de ce bâtiment remanié au fil des siècles. Ce fut peut-être la résidence d'été des Évêques de Maguelone, du XIII ème au XVIII ème siècle. Mais cela est peu probable car il n'en est fait mention dans aucun acte officiel. Par contre, ce bâtiment fut la propriété de l'Abbé Henry Delmas, de l'Abbaye de Sauve au cours de la deuxième moitié du XVII ème siècle. Il existait de nombreux bâtiments annexes, écuries, roseraie, etc...Le plaisir des jardins, le goût des belles plantes sont affirmés ici par la présence d'une orangerie avec un réseau de citernes et de conduites, ainsi que de multiples terrasses cultivables. Tout ceci correspond davantage à un refuge, une résidence. Sur un fronton figurait sa devise « In deserto mihi, in urbé omni » (Au désert je suis à moi, en ville je suis à tous). Les Propriétaires de ce château ont malgré les difficultés d'accès, restauré en grande partie ce bâtiment qui est ouvert au public pour des visites guidées lors des journées du patrimoine.

 

 

LE CASTELLAS


Le Castellas - Sauve


Le Castellas est une construction emblématique de Sauve surplombant la cité, posée sur le bord du plateau calcaire de la Mer des Rochers. C'est en 1704 que l'intendant du Languedoc Roussillon de Basville ordonna d'enclore dans les murs de Sauve le rocher du castellas et d'y construire une guérite. Nul doute que ce lieu constituait un site privilégié pour la surveillance d'un secteur très large.

 

 

LES CAZERNES
Construction du XVIII ème siècle, suivant les plans de Vauban, l'architecte militaire du Roi Soleil qui envoya 10000 hommes et deux maréchaux pour réprimer la révolte des camisards. Depuis le XVII ème siècle et la réorganisation de l'armée, on a abandonné (ou au moins limité) le logement des troupes chez l'habitant et inventé les casernes. Elles sont particulièrement typiques et construites suivant des plans-types modulaires. La cellule comprend une cage d'escalier centrale traversante encadrée, à chaque niveau, de quatre chambres de douze hommes avec cheminée pour le chauffage et la cuisine. Depuis 1815 ce bâtiment abrite l'usine de fabrication de fourches à 3 becs en micocoulier. Il fait actuellement l'objet de multiples travaux de rénovation. Un conservatoire de la fourche, doté des techniques modernes (vidéo-bornes thématiques, écrans tactiles, etc) a été ouvert en 2003.Visites toute l'année.

 

 

LA VILLE DE MUS
A quelques kilomètres de Sauve sur la route départementale 117 se dresse l'oppidum gallo-romain de Mus classé monument historique. On ne sait rien de cette cité, ni de ses origines, ni des peuples qui l'ont successivement habitée et rien de sa fin car il n'y a aucune archive, aucun document, ni aucune chronique. Le plus vieux document qui en fait mention date du XIV ème siècle et indique seulement son emplacement. Ce sont des ruines éparpillées un peu partout, tantôt sur le sol, tantôt dans la terre. De nombreux vestiges ont été trouvés lors des fouilles multiples; des objets en bronze, en fer et des vases en verre démontrant qu'une vie a commencé ici très tôt et qui a dû finir au début du V ème siècle de notre ère. Le vestige le plus important est sans aucun doute celui du Canal-Aqueduc qui constitue un ouvrage absolument remarquable (large d'environ 50 cm, il aurait parcouru 8 km). C'est un travail considérable destiné à amener l'eau potable dans la partie la plus haute de l'oppidum, un véritable « petit Pont du Gard ». Les premières fouilles du site auraient été effectuées dés 1737 par un illustre sauvain, le Dr ASTRUC.

 

 

LA MER DES ROCHERS


La mer des rochers - Sauves


Sur le plateau du Coutach se dresse un dernier causse. Un site naturel remarquable. Les phénomènes géologiques ont sculpté ce relief lui donnant un aspect de paysage lunaire dans un lacis de sentiers. Des rochers fantastiques se dressent au milieu de la végétation. La science explique ce phénomène ainsi; sous l'effet de l'acide carbonique (pluie et vent) les roches de carbonate de chaux et magnésie se décalcifient peu à peu et c'est la magnésie qui, plus résistante, forme ces arêtes. Ces dolines sont remplies d'une terre argileuse, riche humus (terra rossa) ce qui la rend propice à la culture. Au cœur de la Mer des Rochers se trouve le château de Roquevaire entouré de parcelles encore délimitées par des murets de pierres sèches et de quelques chemins autrefois muletiers et soigneusement empierrés de cailloutis. Ce site aujourd'hui abandonné a été cultivé jusqu'au milieu du XX ème siècle et on y trouve encore la trace de nombreux vergers (cerisiers, pêchers, oliviers, vignes, mûriers et micocouliers qui étaient à la base de l'économie locale). Les villageois y avaient leur mazet et des installations ( citernes, etc...) pour recueillir l'eau de pluie trouvant ici des conditions les plus favorables pour leur culture. La chaleur accumulée dans les rochers durant le jour, était restituée pendant la nuit, de plus ces rochers étaient un abri naturel contre les vents.

 

LE VIDOURLE ET LA RESURGENCE


Le Vidourle et la Résurgence - Sauve


Le Vidourle et la Résurgence - Sauve


Le Vidourle est un fleuve côtier qui prend naissance sur le revers nord de la montagne de la Fage à une altitude de 499 m. Il est long de 85 km avec une partie de son cours souterrain entre St Hippolyte du Fort et Sauve passant sous le lit du Rieumassel (pratiquement toujours à sec). Il débouche ensuite aux avens de la Soeur, du Frère et de l'aven de Sauve puis une résurgence de type vauclusien est visible au pied de la mairie de Sauve. Deux moulins se trouvaient à proximité, un à huile et l'autre à blé. Cette résurgence fut explorée, ainsi que l'aven de Sauve où l'on trouva les plus grandes épaisseur d'eau, environ 29 mètres (explorée par Martel à la fin du XIX ème siècle). Dans une galerie vit une crevette aveugle, dite « Fauchérus »dont l'espèce est très rare.
Le Vidourle a deux affluents successifs à la hauteur de Sauve, le Rieumassel (venant de St Hippolyte du Fort et le Crespenou (venant de Durfort). De Sauve à Quissac, le Vidourle prend son allure de fleuve longeant à présent des plaines. Il reçoit ensuite le Brestalou (les eaux du revers sud de Coutach), puis le Crieulon, le plus vaste de ses affluents descendant de St Félix de Pallières. Pour terminer, il reçoit la Courme en amont de Vic-le-Fesq, puis le Bénovie sous Sommières. Le Vidourle ayant tracé son parcours dans la Garrigue pénètre alors en Camargue pour enfin se jeter dans la mer entre le Grau du Roi et la Grande Motte.

 


« le Vidourle! Cet inconnu! Un modeste qui sait quand il le veut s'élever à la hauteur d'un géant » Jean Germain dans Sauve, Antique et Curieuse cité.
Le Vidourle est connu pour ses « Vidourlades »(terme employé pour nommer ses nombreuses crues) qui sont très impressionnantes laissent à chaque fois des traces mémorables de leur passage. Les plus anciennes archivées sont celles de 1403 1575 1684 1704 1719 1723 1808 1811  ainsi qu’une dizaine de dates jusqu’à nos jours. Les plus récentes se sont produites en septembre 2002 et octobre 2003.

 

 

LA FOURCHE DE SAUVE


« La trinita, mi fraïre, es tamben coumparadisso a-n-uno fourco,
a-un- poulido fourco
D'aquéli fourco de falabréguié que fan à Saouvo. »


« La Trinité, mes frères, est comparable aussi à une fourche, à une jolie fourche, de ces fourches qu'ils font à Sauve ». Frédéric Mistral. Proso d'Armana. La Trinita


« Ce qui est vraiment extraordinaire, en plein XX ème siècle, c'est que ce petit pays de Sauve ait conservé une culture et industrie qui appartiennent à lui seul, et dont les procédés demeurent ce qu'ils furent toujours, aussi simples et pour ainsi dire aussi primitifs qu'il y a mille ans. »
Jean GERMAIN « Sauve, Antique et Curieuse Cité » 1952

 

La Fourche de Sauve


Sauve s'enorgueillit à juste titre d'être la capitale de la fourche. Le micocoulier de Provence, celtis australis est un arbre appartenant à la famille des Ulmacées représentée par les ormes. A Sauve, on l'appelle aussi « Fourchier » en raison de son usage. C'est avec son bois que l'on fabrique la célèbre fourche de Sauve. Cette culture est multicentenaire puisque l'on peut en retrouver la trace dans le Cartulaire de Maguelone au XII ème siècle (P.Gagnier), cependant son origine reste incertaine. Cet arbre à la frondaison majestueuse, au tronc lisse et droit, peut atteindre une taille de 25 à 30 mètres. Comme l'olivier, il peut renaître d'une souche multiséculaire. Même si les parties aériennes de l'arbre venaient à être détruites par la cognée, le feu ou le gel, il repartirait en rejets vigoureux tant que la souche et les racines ne seraient pas atteintes. C'est cette pérennité de la souche qui permet la production en continu de fourches tous les ans, sur le même arbre. La présence à l'aisselle des feuilles de trois bourgeons que l'on nomme localement « Fleur de Lys » est à l'origine des trois rameaux, donc des trois becs de la future fourche. L'art des sauvains est donc de savoir conduire harmonieusement leur développement pour obtenir des rameaux de même diamètre, ce que la nature ne réalise que rarement. Ensuite la qualité du bois, à la fois flexible et malléable lorsqu'il est vert, puis dur, résistant mais léger lorsqu'il est sec, a été reconnue comme la caractéristique essentielle qui permet son travail et l'obtention d'une fourche très maniable et peu sujette à la vermoulure.


Ce long travail se passe en trois étapes.

 

Champ de Fourches
"champ de fourches" (le village en arrière plan)

 

La première et certainement la plus délicate est celle de la taille « le réblaquage ». Le travail d'un bon « réblaquaïre » qui s'échelonne sur 5 à 7 ans, est de conduire avec une taille spécifique et raisonnée, les rejets vers la forme souhaitée d'une fourche. Puis une jauge lui permet de savoir le moment où la fourche est prête à être coupée.

 

La Fourche de Sauve


La deuxième étape est le façonnage nécessitant là aussi toute la dextérité du « Plégaïre » qui devra peler, galber et cravater la fourche à l'aide d'un outillage bien spécifique. Un court passage au four est nécessaire pour rendre encore plus malléable la fourche.


La cuisson est la dernière étape. Les fourches ainsi préparées dans leur moule et par groupe d'une cinquantaine, sont enfin prêtes pour un nouveau passage au four où elles resteront environ quinze à vingt heures à 120 degrés. Le four doit être hermétiquement fermé pour éviter que les fourches brûlent. La chaleur entraine alors la dessiccation des fourches qui seront brunies par la fumée. Seule la partie protégée par la cravate restera blanche et donnera la touche d'élégance caractéristique de cette production sauvaine.


A l'origine la fourche servait essentiellement pour les travaux agricoles. La mécanisation en a modifié les usages. Actuellement elle est encore employée dans les haras, clubs hippiques, mais aussi dans l'industrie de la laine, du duvet ou l'activité lavandéicole. Elle est aussi utilisée dans les spectacles (reconstitutions historiques) ou la décoration. Sa production est bien loin de connaître les chiffres du XVIII ème, XIX ème siècle qui était de 70 à 80 000 fourches par an.


Autour de l'activité de la fourche on peut rappeler quelques faits historiques ainsi en 1688 a été créee à Sauve une des premières coopératives agricoles suivie en 1741/1742 d'une assurance mutuelle par laquelle les membres se garantissaient entre eux leur récolte, sans parler des procés contre le monopole détenu par les producteurs ou encore les excédents qui étaient brûlés pour maintenir les prix.

 

Le conservatoire de la Fourche

Le conservatoire de la Fourche


En 1993, la Coopérative des producteurs de fourches réunis ayant décidé d'arrêter son activité, s'est créée l'association LE FANABREGUE afin de sauvegarder ce savoir faire unique, aux Cazernes de Sauve. C'est là, que ce trouve à l'heure actuelle le conservatoire de la Fourche, cet écomusée destiné à sauvegarder toute la valeur de ce patrimoine, en illustrant les techniques et la longue histoire de cette fourche en bois de micocoulier.
Pour tout renseignements: 04 66 80 54 46
Site web: www.lafourchedesauve.com

 

HOMMES ILLUSTRES

Jean ASTRUC, né à Sauve, le 19 mars 1684. L'un des plus glorieux enfants de Sauve. Diplômé à la faculté de médecine de Montpellier en 1703. Il fut un des plus grands médecins du XVIII ème siècle dont la renommée parcourut le monde entier. Auteur de nombreux ouvrages. Il fut un temps le médecin du roi de Pologne, puis médecin consultant de Louis XV. Il enseigna au Collège de France et ses cours furent repris dans toutes les universités d'Europe. Il mourut à Paris le 5 mai 1766, il terminait alors un dernier ouvrage.

« Sa vaste culture aidant, « il embrassa en grand toute l'étendue de l'art auquel il s'adonnait et dont il voulait augmenter la splendeur ».Jean GERMAIN, Sauve, Antique et Curieuse Cité.

Jean Astruc - Sauve

 

 

Jean-pierre CLARIS DE FLORIAN, ne à Sauve le 6 mars 1755. Il passa une partie de son enfance auprès de Voltaire qui s'appliqua à l'instruire et à le former faisant de lui son protégé. Les fables de Florian font de lui, après La Fontaine, un célèbre fabuliste. Son théâtre est peu connu de nos jours mais il a pourtant écrit des pièces très appréciées en son temps. En 1788, à l'age de trente trois ans, il est élu à l'Académie Française. Il a abordé presque tous les genres; des contes en vers, des pièces fugitives, des romances en vers. De 1784 à 1792, il publie ses nouvelles. Son oeuvre magistrale fut Estelle. Parolier c'est lui qui écrivit « Plaisir d’amour ». Incarcéré durant la révolution il fut libéré à la fin de la terreur en 1794, l'âme brisée, hanté par des spectres, atteint d'un fièvre hectique, il meurt le 13 septembre de la même année, à Sceaux (Hauts de Seine).La vie de Florian fut bien courte, pourtant son œuvre littéraire compte plus de vingt volumes.

Jean-Pierre Claris de Florian - Sauve

 

 

Henri Théodore SIVEL
Henri THEODORE SIVEL est né à sauve le 9 novembre 1834. Aéronaute, c'est en 1872 que Sivel entra au service de la Société de Navigation Aérienne de Paris. Il présentait alors son projet « d'exploration du Pôle Nord en Aérostat » qui attira l'attention du monde scientifique. Crocé SPINELLI ingénieur civil et auteur de « Mémoires et études sur l'aéronavale (ouvrage absolument remarquable pour son temps) fut chargé du rapport sur ce projet. C'est ainsi que les deux noms seront désormais indissociables. Durant l'année 1874, ils réalisèrent le « Zénith » un nouvel appareil d'un volume de 3000 m3. Ce ballon fut entièrement monté et cousu à Sauve. Au printemps 1875, c'est de Paris que le « Zénith » fit sa première ascension battant le record mondial de durée de vol (23 heures, 7400 m d'altitude). Mais le 15 avril de la même année , les deux hommes périrent asphyxiés lors d'une nouvelle ascension à bord du « Zénith » de laquelle seul Gaston TISSANDIER survivra.

 


Robert Filliou (Sauve, 1926 - Les Eyzies de Tayac, 1987), artiste poète, membre du mouvement Fluxus. Son œuvre s'inspire beaucoup de la philosophie zen. Il est le père du « principe d'équivalence » entre le « bien fait », le « mal fait » et le « pas fait ».  À partir de 1960, proche de Daniel Spoerri, il développe une activité de poète, considérant que le langage et les mots constituent le matériau premier de l’artiste. En 1961, il montre à la galerie Addi Köpcke de Copenhague ses premiers poèmes transcrits au pastel sur papier d’emballage et interprète un poème de 53 kilos (publié par la revue Phantomas, Bruxelles, 1964). Les Poèmes en suspense, de la même période (L’Homme est solitaire, 1961), participent du Principe d’Économie Poétique, conçu par Filliou comme une théorie des implications sociales de l’art. De cette époque datent également les Long poèmes à finir chez soi, ainsi que le poème action Kabou’inema, où l’élément sonore est fourni par la traduction en japonais des noms de quelques célébrités. Ce dernier sera réalisé en public par Emmett Williams, Jean-Loup Philippe et Robert Filliou lui-même. En 1962, il rencontre George Brecht, Ben, Yves Klein, La Monte Young, Bernard Heidsieck, à la manifestation organisée par P.-A. Gette, à la Konsthall de Lunds : Fluxus La Cédille qui sourit Art Total Poésie Action. Cette même année, il interprète avec Addi Köpcke, au Domaine Poétique organisé par Jean-Clarence Lambert, le poème action Le Père Lachaise N° 1. Entre 1965 et 1968, il ouvre à Villefranche-sur-Mer, en compagnie de George Brecht, "La Cédille qui sourit", une non-boutique conçue comme un centre international de création permanente. Y sont nées des idées de films et de poèmes visuels, d’acheminement de poèmes en petite vitesse, et de Telefon-poems (avec Dick Higgins). En 1967, installé à Düsseldorf, où il rejoint Spoerri et Dieter Roth, il rédige un livre d’enseignement en collaboration avec Joseph Beuys, George Brecht, John Cage et Allan Kaprow : Teaching and Learning as performing Arts. Pensée comme un jeu, son œuvre s’articule autour de trois concepts « création permanente, réseau éternel et fête permanente » qui trouvent un prolongement dans la fondation d’une République géniale, pour le développement du génie humain, et du Poïpoïdrome (1963) avec Joachim Pfeufer. Filliou appartient à cette catégorie d’artistes qui envisagent leur œuvre comme un travail sur le langage, les mots, les sons, les images, afin de remettre en question les fondements mêmes de la création.